23.05.2008

C'est l'Australie

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8:30 du matin.
Je sors de chez moi pour aller au travail, le nez en l'air.
Je prends mon temps pour profiter des odeurs des Jardins Botaniques.
Un groupe de personnes agees suivent religieusement et plus ou moins maladroitement un professeur de TaiChi.
Un jeune cadre dynamique fait du jogging avec son labrador avant de s'immerger dans le chaotique monde des affaires.
Le sans-abri a pris ses quartiers dillurnes sur le banc en face de la serre, comme toujours. Son velo repose sur le dos du banc.
Je jette ma peau de banane dans la poubelle juste avant de sortir du jardin.
Je traverse la rue a cote du van VW bleu ciel qui n'a pas bouge d'un pouce depuis 6 mois.
Arrivee sur Foster Street, je regarde les petites maisons. Les jardins. Les vies individuelles.
Il fait assez froid, il y a maitenant du givre sur les parebrises.
Un grand type cire ses chaussures dehors - torse nu. J'admire l'effort et les formes...
Je slalome entre les poubelles et apercoit le poteau electrique avec le coeur dessine dessus qui immortalise les initiales d'un couple qui a peut etre moins resiste au temps que cet affichage publique.
J'arrive enfin au stop. Je mets la musique dans mes oreilles et je regarde tranquilement passer les voitures.
Le tram arrive en retard, comme toujours.
J'ai le choix des places, je m'installe cote fenetre.
Le paysage de St Kilda defile, nous longeons la mer, chaque matin differente.
Fitzroy street s'eveille et le flot des travailleurs remplit le compartiment petit a petit.
Une femme se maquille et chausse ses talons. Elle optimise son temps.
Certains lisent. D'autres ecoutent de la musique.
Recurrences rassurantes du quotidien.
Soudain, coup de frein. Violent. Les voyageurs du matin s'ecrasent les uns sur les autres.
L'equilibre est perdu.

Le tram vient de percuter une voiture.

L'arriere du vehicule n'a pas resiste a la lourde masse en mouvement du tram.
Tole froissee et debris de verre au mileu des rails.
Apres un rapide analyse de la situation, les passagers reviennent sagement a leur occupation.
Le conducteur du tram sort a la rencontre de celui de la voiture.
Ils se saluent, echangent deux mots. Pas d'effusion d'injures, pas d'enervement.
Les deux hommes montent dans le tram pour remplir le constat au chaud.
Un voyageur tend un crayon pour aider.
Un bon quart d'heure passe.
Une centaine de personnes paquee dans un compartiement a l'heure de pointe sont retardees de 20 minutes sur leur trajet et pas une protestation dans le tram. Meme pas de signe d'impatience.

Je suis soufflee.

Je regarde les autres. Pour eux, tout semble normal. J'en suis a me demander s'ils ont meme note que nous etions arretes.

Les deux hommes ayant fini de remplir leur papiers se serrent la main et se separent en souriant.

C'est ca Melbourne.